Il est bon, parfois, de réentendre certaines évidences : à Lourdes, le pape nous a rappelé combien le rôle du médecin était exigeant. Il protège la vie au lieu de la détruire. Ses paroles nous interrogent sur l’évolution progressive du rôle de la médecine. Si celle-ci semble parfois s’acclimater à l’euthanasie, elle en a été l’une des plus vigoureuses opposantes. La question du droit passe au second plan quand il s’agit de la relation de confiance unissant le médecin à son malade.
Peut-on encore faire confiance à son médecin ?

Quand je consulte un médecin, je lui confie ma santé sans savoir s’il maîtrise réellement toutes les connaissances nécessaires à son art. C’est la confiance par excellence.
La confiance ne repose pas seulement sur sa compétence technique, mais aussi sur son expérience, ses qualités humaines ainsi que son discernement.
J’ai confiance en mon médecin. Pas seulement parce qu’il est compétent. Mais aussi parce que je sais qu’il a prêté le serment d’Hippocrate, dans lequel il s’est engagé à ne pas provoquer délibérément la mort.
Je suis d’un naturel méfiant. Et je sais que si un médecin a déjà pratiqué l’euthanasie, alors je craindrais qu’il puisse envisager la mort comme une réponse à ma maladie. Je ne prétends pas, pour autant, que les médecins chercheront à imposer la mort aux malades qui viennent les voir.
Donner la mort peut-il devenir un acte de soin ?
La mission de la médecine est traditionnellement de prévenir la maladie, de soulager la douleur et d’accompagner la personne malade.
Les partisans de l’euthanasie en France estiment que donner la mort à quelqu’un qui la demande peut relever du soin, mais également du respect de l’autonomie de la personne malade.
La conception de Léon XIV est bien différente : il distingue de façon radicale le traitement de la souffrance et l’administration de la mort. On ne soulage pas une douleur en supprimant la personne malade.
Dans cette perspective, la demande de mourir doit être entendue. Il faut la comprendre et accompagner celui qui l’exprime. Car elle peut recouvrir des réalités différentes : un appel à l’aide, une main que l’on cherche à attraper, un regard auquel se raccrocher. En bref, les soins palliatifs…
C’est bien la définition de l’acte médical qui est en jeu.
Le serment d’Hippocrate fixe-t-il encore les limites de la médecine ?
Dans notre culture, la tradition hippocratique a posé une limite forte au pouvoir du médecin sur la personne malade. En France, le médecin reprend le serment d’Hippocrate en déclarant : « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »
Pour les chrétiens, Dieu met à notre disposition des médecins pour soulager nos douleurs et nous guérir. Leur humanité est indispensable pour ne pas rester seuls face à la maladie.
Certains errements de la médecine au XXe siècle doivent nous amener à être vigilants sur la question de l’éthique médicale, en particulier sur la fin de vie et l’euthanasie.
Au fond, la médecine ne risque-t-elle pas, en changeant de mission, d’abîmer profondément la confiance que nous lui accordons ?

Parole pour tenir

« Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. »
Serment d’Hippocrate — version française publiée par le Conseil national de l’Ordre des médecins.
Pour aller plus loin
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