Lors de son déplacement à Lourdes le 27 septembre 2026, le pape Léon XIV a rappelé que ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. En effet, certains promoteurs de l’euthanasie brandissent la légalité de cette mesure pour clore le débat, il est bon de réfléchir à la portée d’un acte légal, même s’il est autorisé par la loi. Un acte permis par la loi est-il par nature juste ?
Tout ce qui est légal est-il nécessairement bon ?

Nous avons beaucoup d’exemples de produits ou de pratiques qui ne sont pas interdits par la loi et qui peuvent devenir mauvaises : le tabac, l’alcool, les jeux d’argent peuvent faire du mal alors qu’ils sont autorisés.
Inversement, des résistants ont désobéi à des règles injustes pendant l’Occupation afin de protéger des personnes persécutées.
Ce n’est pas la loi qui doit guider en fin de compte mes actes. C’est ma responsabilité personnelle : je me dois d’exercer mon jugement pour déterminer ce qui est juste. Ce serait trop facile de se dire que quand c’est autorisé, alors je peux faire tout ce que je veux. La loi ne me dispense pas de réfléchir.
Pourquoi l’Église conteste-t-elle une loi votée par la République ?
L’Eglise ne se cantonne pas aux sacristies. Elle participe aux débats sur les grandes questions humaines. Saint Paul VI disait à la tribune de l’ONU que l’Eglise était experte en humanité.
Elle ne cherche pas à s’occuper du pouvoir temporel. En revanche, elle a le droit, et même le devoir, d’exprimer une appréciation morale sur le fonctionnement des sociétés humaines. La légalisation de l’euthanasie n’efface pas son opposition à cette loi.
Jésus s’adresse aux pharisiens en disant de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu : l’Eglise reconnait l’autorité politique sans considérer que celle-ci détermine elle seule ce qui est moralement juste.
La liberté nous dispense-t-elle de réfléchir à nos actes ?
Léon XIV utilise le mot de « nécessairement ». Cela a son importance.
Il ne veut pas dire que toute loi est mauvaise. Il n’appelle pas à la désobéissance systématique. Le pape nous invite chacun à exercer notre jugement.
J’aime beaucoup cette pensée de Saint Augustine : « Aime et ce que tu veux, fais-le ». Elle est n’est pas une invitation à faire tout ce qui me passe par la tête voire à jouir sans entrave. Elle me rappelle la liberté trouve son sens dans la recherche du bien et dans l’amour véritable. C’est un très beau programme !
Avant de me demander si j’ai le droit ou non de faire quelque chose, je peux peut être me demander si j’ai raison de le faire.

Parole pour tenir

« Aime et fais ce que tu veux. »
Saint Augustin, Commentaire de la Première Lettre de saint Jean, traité VII, 8.
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