La visite du pape Léon XIV à Lourdes a été l’occasion de l’entendre sur l’euthanasie. Il lui oppose une vision élargie de la dignité. Elle ne se déduit pas, elle ne se mesure pas mais elle est attachée à la personne humaine. La dépendance n’est jamais un obstacle à la dignité humaine, qui est inaliénable.
« Mesurer » la dignité : selon quels critères ?

Nous vivons dans une société qui a tendance à mettre en avant l’efficacité (réaliser complètement un objectif), la performance (être meilleur que les autres) et l’autonomie (ne dépendre que de soi et pas des autres). Je peux mesurer les capacités de mon corps au fait que je marche, que je parle, que je raisonne, que je me nourrisse tout seul… Mais si l’un ou plusieurs de ces critères est abimé, alors ma dignité diminue-t-elle ? Pour Léon XIV, ma dignité ne dépend pas de ma performance mais parce que je suis un être humain. Même très dépendant, je continue à avoir une dignité que personne ne peut me retirer. Il va même plus loin en pointant le risque de laisser un système décider « qui mérite et qui ne mérite pas ».
En 1984, la main de mon oncle s’est contractée
Mon oncle, atteint d’un cancer du foie à un stade très avancé, était dans le coma. Sa sœur ainée se rend à son chevet et lui prend la main. Elle lui dit que bientôt sa souffrance va s‘achever car il va mourir. Sa main se contracte vivement. Il semblait réagir aux mots de sa soeur.
Je me suis souvent demandé ce qu’il avait entendu et ressenti. Mais ce dont je suis certain, c’est qu’il avait vécu ses derniers moments de façon digne entouré de ses proches malgré son silence et sa dépendance. Je trouve qu’un corps qui ne répond plus est toujours celui de la personne.
La compassion ne demande pas combien vaut une vie
C’est intéressant de voir que Léon XIV utilise le mot de « discuter ». Pour lui, on ne peut pas mesurer la dignité d’une personne et en déduire si sa vie vaut d’être vécue. L’Evangile du bon Samaritain met en scène un homme gravement blessé au bord de la route. Un Samaritain vient à sa rencontre et est « saisi de compassion ». Il me touche beaucoup car cet homme ne se demande pas si la vie du blessé lui est utile ni même s’il sera capable de lui rembourser les soins. Il s’occupe et prend soin tout simplement de lui.
C’est l’attitude que Jésus demande à chaque homme : prendre soin des autres surtout quand ils sont fragiles voire vulnérables.

Parole pour tenir

« La personne humaine est digne, par le simple fait qu’elle existe et a pour fin l’éternité. Sa dignité ne se mesure pas et ne se discute pas. »
Léon XIV, Lourdes, 27 septembre 2026
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