Une aide-soignante lave délicatement le visage d’un patient gravement malade et perfusé.
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« Ici, la fragilité n’est pas cachée » : et si Lourdes proposait une autre manière de regarder les malades ?

À Lourdes, les fauteuils roulants ne restent pas au bord de la foule. Des milliers d’hospitaliers accompagnent les personnes malades aux offices, les aident dans leurs déplacements et adaptent leur rythme au leur. En visitant les malades le 27 septembre, Léon XIV a résumé cette particularité en quelques mots : « Ici, la fragilité n’est pas cachée. »

À Lourdes, la fragilité prend toute sa place

Un hospitalier agenouillé remet le chausson d'un homme malade en fauteuil roulant à Lourdes.

Notre société valorise l’autonomie, la maîtrise du corps et la capacité à ne pas dépendre des autres. Lourdes donne à voir autre chose.

Cela ne figurait pourtant pas explicitement dans les demandes adressées par la Vierge à Bernadette en 1858. Mais des guérisons ont été rapportées dès cette année-là. En 1862, sept furent reconnues comme miraculeuses par l’évêque de Tarbes. Le Bureau des constatations médicales fut créé en 1883 pour soumettre les déclarations de guérison à un examen médical.

Autour des malades s’est aussi développée toute une organisation humaine. Lors du pèlerinage du Rosaire 2025, par exemple, 2 700 hospitaliers accompagnaient 1 000 personnes malades.

Le fonctionnement ordinaire s’en trouve en partie inversé. Quand une personne avance difficilement, les autres ralentissent. Quand elle ne peut se déplacer seule, quelqu’un pousse son fauteuil. Sa dépendance ne lui interdit pas d’être au milieu de tous.

« Le cœur battant de notre humanité »

C’est dans ce contexte que Léon XIV s’est adressé directement aux malades : « Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité. »

L’expression mérite qu’on s’y arrête.

Un cœur n’est pas un élément accessoire du corps. Sans lui, l’organisme ne vit pas. Poussée jusqu’au bout, la métaphore du pape renverse donc la place habituellement attribuée à la personne fragile. Elle n’est plus simplement celle qui reçoit l’aide des personnes valides. Sa présence leur est aussi nécessaire.

À son contact, d’autres apprennent à attendre, porter, servir, écouter. Des gestes peu compatibles avec une société obsédée par la rapidité deviennent, à Lourdes, parfaitement ordinaires.

Cette expérience pose aussi une question à notre réflexion sur la fin de vie. Comment une personne malade perçoit-elle sa propre valeur lorsque tout ce qui l’entoure lui signifie qu’elle a encore une place ?

À Lourdes, Léon XIV lui donne cette réponse : elle n’est pas un poids.

Elle est au cœur.

Un homme gravement malade en fauteuil parle avec des hospitaliers et des pèlerins réunis autour de lui à Lourdes.
Parole pour tenir

« Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. »
Léon XIV, Lourdes, 27 septembre 2026

Pour aller plus loin

« Tant qu’on n’est pas mort, on est vivant ! »

« 10 bonnes raisons de ne pas laisser la solitude décider de la fin de vie »

Parlons-en !?

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