Un aide-soignant aide un patient âgé et perfusé à boutonner son pyjama dans une chambre d’hôpital.
Est-ce qu’on a plus peur de dépendre des autres que de mourir ?
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Quand l’hôpital soigne et donne la mort, qu’est-ce qui reste de la confiance ?

Pousser la porte de l’hôpital, c’est un acte de foi. On remet son corps malade, ses frayeurs et parfois sa vie entière entre les mains des soignants. Mais si ce même endroit, qui est là pour nous « retaper », se met aussi à donner la piqûre pour mourir, est-ce que ça ne change pas un peu la donne ?

Qu’est-ce que ça veut dire, donner sa confiance à un soignant ?

Une patiente âgée et perfusée regarde le couloir depuis son lit d’hôpital.

Le mot confiance vient du latin confidere, qui signifie tout simplement « se fier à quelqu’un ». Quand on se confie, on dépose ce qu’on a de plus précieux dans les mains d’un autre.

La médecine ne peut pas tourner sans ça. On avale des médicaments, on accepte de se faire endormir ou d’ouvrir son corps sur une table d’opération parce qu’on a au fond de soi la certitude que l’équipe médicale veut notre bien.

En France, depuis une loi de 2002, aucun docteur n’a le droit de vous toucher ou de vous donner un traitement sans votre accord. C’est ce qu’on appelle le consentement. Pour l’aide à mourir, les textes disent la même chose : il faut que le malade le veuille vraiment et qu’il le demande de lui-même.

Soigner d’un côté, faire mourir de l’autre : dans le même bâtiment ?

La loi de 2026 demande aux hôpitaux de laisser faire les actes d’aide à mourir entre leurs murs. En même temps, elle donne le droit aux soignants de refuser d’y participer si leur conscience s’y oppose.

Sur le papier, les choses sont carrées : personne ne sera jamais tué contre son gré. N’empêche que la confiance ne se commande pas avec des articles de lois. Une personne âgée, un handicapé ou quelqu’un qui est contre l’euthanasie peut très bien se retrouver au lit, un soir de solitude, avec une mauvaise pensée qui tourne en boucle : « Est-ce qu’ils vont vraiment tout tenter pour me sauver, ou est-ce qu’ils vont laisser tomber parce que ça coûte trop cher ? »

C’est là que le doute s’installe. On peut même imaginer que des gens retardent leur venue aux urgences par peur, ou qu’ils cherchent à se faire soigner ailleurs, voire dans un autre pays où la mort provoquée n’existe pas. On n’en est pas encore là, mais l’idée fait réfléchir.

Comment garder la foi dans la médecine ?

Pour éviter que les gens n’aient la boule au ventre en arrivant en chambre, il va falloir des preuves solides au quotidien. Une parole claire, du temps pour expliquer les choses, des antidouleurs qui marchent bien et le respect total de ce que veut le patient.

L’hôpital doit pouvoir dire sans trembler à celui qui veut vivre jusqu’au bout : « Ce n’est pas parce que vous êtes dépendant que votre vie vaut moins cher.

« On se battra pour vous et on ne fera rien contre votre avis ».

Parce qu’en entrant à l’hôpital, on apporte ses examens et sa carte vitale, c’est vrai. Mais on y apporte surtout ce qu’on a de plus fragile : son sentiment d’être en sécurité.

Une infirmière aide un patient âgé en pyjama à remettre correctement sa pantoufle dans une chambre d’hôpital.
Parole pour tenir

« J’étais malade, et vous m’avez visité. »
Matthieu 25, 36

La formule est particulièrement adaptée ici : elle ne parle ni de guérison ni de maîtrise. Elle place au centre de la maladie la présence auprès de celui qui se trouve vulnérable.

Pour aller plus loin

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