Un patient hospitalisé et perfusé tient un stylo au-dessus d’un agenda ouvert.
Le droit de mourir peut-il devenir une nouvelle règle de ce qu’on appelle une « bonne mort » ?
21 septembre 2026
Un homme âgé en fauteuil roulant entre à l’hôpital accompagné de son épouse et d’une soignante.
Quand l’hôpital soigne et donne la mort, qu’est-ce qui reste de la confiance ?
21 septembre 2026

Est-ce qu’on a plus peur de dépendre des autres que de mourir ?

Bien sûr qu’on redoute la maladie. Mais ce qui fait vraiment peur à beaucoup de monde, c’est le jour où il faudra quelqu’un pour nous sortir du lit, nous laver ou nous faire manger. Aujourd’hui, comme la société veut qu’on soit toujours libres et débrouillards, ne plus pouvoir s’en sortir tout seul passe vite pour une déchéance. Mais est-ce que perdre son autonomie, c’est vraiment perdre sa valeur d’être humain ?

Pourquoi la dépendance nous effraie tant ?

Un fils aide sa mère âgée et dépendante à prendre son repas dans une chambre d’hôpital.

Dans les familles ou à la télévision, on aime voir le gamin qui grandit, l’adulte qui réussit sa vie ou le retraité en pleine forme. La très grande vieillesse, elle, passe plus souvent sous le tapis. L’Organisation mondiale de la santé le dit elle-même : on traite trop souvent les personnes âgées comme des êtres fragiles, dépassés ou gênants pour la société.

Les mots deviennent parfois très durs. Quand une personne ne parle plus ou qu’elle a du mal à faire comprendre ce qu’elle veut, certains lâchent le mot « légume ». C’est d’une violence terrible. Ce n’est pas parce qu’un homme ne peut plus rien faire par lui-même qu’il cesse d’être un homme.

Franchement, est-ce qu’on a déjà été vraiment indépendants ?

Si on pose les choses à plat, on a tous commencé dans la dépendance absolue. Un bébé ne survit pas dix minutes tout seul. Et même plus tard, à trente ou quarante ans, on dépend des autres pour se nourrir, se faire soigner, travailler ou simplement ne pas être seul. La vieillesse ne crée pas la dépendance : elle met juste sous nos yeux une réalité qu’on préférait oublier.

Ce n’est pas toujours drôle et il ne faut pas raconter d’histoires. Mais le grand-père qu’il faut habiller le matin reste la même personne, avec son histoire, ses proches et sa dignité d’homme.

Les anciens ont toujours une place à tenir auprès des plus jeunes. Ils transmettent un métier, racontent l’histoire de la famille ou donnent un coup de main. Mais un vieil homme n’a pas besoin de prouver qu’il est encore utile pour mériter qu’on s’occupe de lui.

Et si dépendre des autres nous apprenait une chose fondamentale ?

C’est certain que la peur de devenir un poids pousse des malades à vouloir en finir. La question se pose forcément dès qu’on parle de légaliser l’aide à mourir.

Après avoir passé toute sa vie à décider de tout, à rouler dans sa voiture et à gérer son foyer, c’est dur d’accepter qu’on vous donne à manger ou qu’on vous consacre du temps. Il faut une vraie force pour accepter de recevoir.

Pour un chrétien, la vie n’est pas un bien qu’on possède : c’est un cadeau qu’on a reçu à la naissance. Accepter sa propre faiblesse, ce n’est pas renoncer à sa valeur. C’est peut-être simplement comprendre, tout au bout du chemin, que nous avons toujours eu besoin des uns et des autres pour tenir debout.

Un homme âgé en fauteuil roulant explique à sa petite-fille comment réparer un mécanisme d’horlogerie.
Parole pour tenir

« Quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture. »
Jean 21, 18

Le verset complet évoque Pierre allant là où il ne voudrait pas aller et, dans son contexte évangélique, annonce le genre de mort par lequel il rendra gloire à Dieu. Il ne faut donc pas en faire à l’origine un enseignement général sur la dépendance liée au vieillissement. Mais l’image des mains tendues exprime avec une force particulière le passage de celui qui faisait seul à celui qui doit recevoir d’un autre.

Pour aller plus loin

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