Quand un grand-parent décide de mourir avec l’aide des médecins, la famille se retrouve souvent désemparée. Est-ce qu’il faut tout expliquer aux enfants ? Si on leur dit la vérité brute, on a peur de les effrayer. Si on se tait, on risque de fabriquer un lourd secret de famille. Entre ces deux écueils, les parents cherchent leur chemin : comment trouver les bons mots sans mentir, mais sans abîmer la sensibilité de l’enfant ?
Est-ce qu’être honnête, c’est forcément tout raconter ?

Un petit de cinq ans et un adolescent de quinze ans ne comprennent pas du tout la mort de la même manière. L’enfant apprend petit à petit ce que cela veut dire : il finit par intégrer que c’est pour de bon et que le corps ne marche plus.
Pour lui parler, il faut utiliser des mots simples. Si on lui dit « Papy est parti » ou « Papy s’est endormi », le petit risque d’attendre son retour tous les jours ou d’avoir peur de se coucher le soir.
Mais dire la vérité ne veut pas dire tout déballer d’un coup.
Au début, on peut simplement expliquer que grand-père était très malade, qu’il souffrait beaucoup et qu’il est mort. Plus tard, quand il grandit et qu’il pose des questions, on peut lui expliquer doucement qu’un médicament lui a été donné pour arrêter sa souffrance, parce qu’il l’avait demandé. La vérité peut grandir en même temps que l’enfant.
Que se passe-t-il dans sa tête s’il apprend que c’était un choix ?
Une fois au courant, l’enfant risque de poser des questions qui font mal : Pourquoi il a voulu mourir ? Pourquoi vous ne l’avez pas empêché ?
Quand un enfant aimait fort son grand-parent, cette nouvelle peut amener de la peine, mais aussi de la colère ou une grande incompréhension. Dans son coin, il peut même se fabriquer une peur silencieuse : « Si moi je tombe très malade un jour, est-ce qu’on va aussi me laisser mourir ? »
On a encore peu de recul sur ce que ressentent exactement les enfants dans cette situation précise. Mais les adultes doivent leur donner un repère solide : la souffrance ne doit jamais nous isoler, et on a toujours le droit d’appeler à l’aide.
Et si la famille préférait garder le silence ?
Le silence protège rarement. L’enfant sent tout ce qui se passe autour de lui. Il voit bien les yeux rouges des adultes, il remarque les conversations qui se coupent dès qu’il entre dans la pièce. S’il n’a pas d’explication claire, il va en inventer une dans sa tête. Et le pire, c’est qu’il risque de s’imaginer qu’il est responsable de toute cette tristesse.
Mais lui asséner une réalité trop lourde pour son âge n’est pas mieux.
Entre le mensonge et la vérité balancée sans précaution, il y a un juste milieu : dire les choses progressivement, à son rythme, et rester là pour accueillir ses questions sans s’énerver.
En lui répétant surtout cette chose essentielle :
« Ton grand-père était très malade et souffrait trop. Mais toi, sache que si un jour tu as une immense peine ou une grosse douleur, il faudra toujours venir nous en parler. On sera toujours là pour chercher comment t’aider. »

Parole pour tenir

« Laissez les enfants venir à moi ; ne les empêchez pas. »
Marc 10, 14
Protéger un enfant ne consiste pas nécessairement à lui cacher ce qui fait souffrir les adultes. C’est aussi ne pas le laisser seul devant ce qu’il ne comprend pas.
Pour aller plus loin
Parlons-en !?
Envie d’en parler ? Nos bénévoles sont là pour vous écouter sur le chat’, en toute bienveillance et anonymat :







