Est-ce que deux promesses de même niveau peuvent tenir ensemble sans se téléscoper ? Aujourd’hui, notre société veut nous assurer qu’on s’occupera toujours des malades graves, tout en acceptant, sous certaines conditions, de leur donner la mort s’ils le demandent. Ça vaut le coup de s’arrêter un instant pour y réfléchir.
Deux idées qui se croisent

D’un côté, les soins palliatifs nous disent : « On sera là jusqu’au dernier souffle, on fera tout pour calmer vos douleurs. »
Et puis, la loi permet aussi de donner un produit pour abréger la vie si le malade le réclame.
Pour certains, ces deux idées ne vont pas du tout ensemble. Donner la mort, ce serait justement baisser les bras et abandonner la personne. Pour d’autres, c’est le contraire : accompagner quelqu’un jusqu’au bout, c’est aussi respecter ce qu’il a choisi pour lui-même, même si c’est d’en finir.
Le débat existe chez les médecins et les infirmières. Tout dépend finalement de ce qu’on met derrière le mot « accompagner ».
La solution la plus rapide risque-t-elle de l’emporter ?
Rester au chevet d’une personne très malade pendant des semaines, ça demande un effort énorme. Il faut laver, donner à manger, calmer les angoisses, écouter la famille, mobiliser du monde jour et nuit.
L’aide à mourir, elle, met fin à tout ça d’un coup.
Ça ne veut pas dire que les soignants cherchent la facilité ou qu’on veut faire des économies sur le dos des gens. Mais quand deux chemins existent, est-ce que le manque de personnel, de temps ou de budget dans les hôpitaux ne va pas finir par pousser vers la voie la plus courte, même sans qu’on s’en rende compte ?
Une promesse avec une porte de sortie, est-ce encore une promesse ?
Est-ce qu’on entend la phrase « on ne vous abandonnera jamais » de la même façon quand on sait que la mort provoquée est devenue une option officielle sur le papier ?
Une enquête américaine sortie en 2024 a montré que les patients ne perdaient pas confiance en leur docteur en apprenant que l’aide à mourir était légale. Il faut donc éviter de s’affoler ou d’affirmer des certitudes sans preuves.
Reste que la promesse d’être protégé jusqu’au bout vaut surtout par la sérénité qu’elle met dans le cœur de celui qui l’écoute.

Parole pour tenir

« Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. »
Matthieu 5, 37
Cette parole du Christ concerne d’abord la vérité et la fiabilité de la parole donnée. Elle éclaire néanmoins notre interrogation : lorsque nous promettons à une personne vulnérable de ne jamais l’abandonner, que lui promettons-nous exactement ?
Pour aller plus loin
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