La mort s’affiche partout sur nos écrans, dans les films ou les jeux vidéo. Pourtant, dès qu’elle devient réelle, nous faisons tout pour l’éloigner de notre vue. Ce contraste dit quelque chose de notre époque. À force de vouloir tout organiser dans nos vies, la mort demeure ce fait brut qui nous échappe encore.
Pourquoi la mort a disparu de nos maisons

Aujourd’hui, on voit des personnages mourir à la télévision, mais presque personne ne voit un proche s’éteindre pour de bon. En France, la plupart des gens finissent leur existence dans un lit d’hôpital. La fin de vie est devenue une affaire de médecins, installée loin des foyers et du quotidien des familles.
S’asseoir près d’un mourant fait peur parce que c’est un moment d’une intimité totale. Un peu comme la naissance, la mort est un passage que personne ne peut traverser à la place de l’autre. Et puis, en regardant un proche partir, nous comprenons que notre tour viendra aussi.
La révolte devant la fin
Un enfant de cinq ans me disait un jour qu’il ne voulait pas mourir, et qu’il allait trouver la mort pour la tuer.
Sa réaction fait sourire, mais au fond, nous pensons la même chose. La disparition d’un petit enfant nous révolte, mais la mort d’un vieillard de 95 ans, après une vie bien remplie, nous bouleverse tout autant. Ce n’est pas seulement partir trop tôt qui nous blesse. C’est l’obligation même de devoir disparaître. L’être humain sent bien que ses attachements et son amour ne devraient pas s’arrêter là.
Tout contrôler ou accepter de lâcher prise
Les médecins font des progrès remarquables contre la maladie, mais ils ne retireront jamais notre condition de mortels. Dès lors, ce besoin d’organiser l’aide à mourir montre aussi notre désir de garder le contrôle : quand on ne peut plus éviter la fin, on cherche au moins à en fixer l’heure.
Toutes les demandes d’aide à mourir ne s’expliquent pas ainsi, bien sûr, mais la question se pose.
Pour les croyants, la mort reste une douleur profonde, mais elle n’a pas le dernier mot. Mourir demande peut-être le geste le plus difficile qui soit : cesser de vouloir tout diriger et accepter de se remettre entre les mains d’un autre.

Parole pour tenir

« Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? »
— Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 15, 55
Saint Paul ne cherche pas à cacher la gravité de la mort, puisqu’il la nomme lui-même « le dernier ennemi ». Mais la foi affirme qu’elle ne l’emportera pas à la fin. Le livre de la Sagesse dit aussi que les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Ceux qui nous quittent ne restent pas seulement un souvenir dans nos têtes : ils sont confiés à Dieu.
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