Le droit encadre, il ne ressuscite pas.

Tous les juristes savent que le droit aime les critères, les procédures, les délais et les signatures. C’est parfaitement logique, car sa fonction est de nommer, d’encadrer et de vérifier. En revanche, la mort provoque une singularité particulière. Dans un sens, une erreur ordinaire peut être corrigée : on peut annuler un contrat, réviser un jugement. En revanche, l’euthanasie est irréversible par nature. Tout cela ne signifie pas que le droit est inutile. Cela veut simplement dire qu’il rencontre ici sa propre limite. Le droit ne peut pas réduire certains risques. Il ne peut pas réparer ce qu’il autorise une fois que l’acte est accompli. Comprenons bien que cette faiblesse structurelle devrait rendre la société très prudente sur ce sujet.
Le consentement paraît clair, la réalité l’est moins.
Quand on regarde le papier, les conditions semblent rassurantes : la demande est libre, elle est répétée, éclairée, formulée sans aucune pression. En revanche, dans la vie réelle, les choses sont beaucoup plus troubles. Une personne peut exprimer le désir de mourir un jour, puis demander du temps le lendemain. Elle s’imagine libre alors qu’elle intériorise une fatigue, celle de ses proches ou son sentiment d’être devenu un poids. La parole des Proverbes dit dans la Bible : « Il y a un chemin qui semble droit, mais au terme, ce sont des chemins de mort. » Cette parole rappelle qu’une impression de maîtrise peut masquer une fragilité plus profonde. Le droit ne peut pas entrer aussi facilement dans cette zone intérieure.

Vérifier après coup ne suffit pas.
Lorsque des commissions contrôlent les procédures, elles interviennent après la mort. Or, le principal témoin n’est plus là. Il n’a plus la capacité de dire ce qu’il ressentait vraiment, ni de préciser ce qui l’a poussé, ni corriger l’interprétation de tous ceux qui l’entouraient. C’est la raison pour laquelle la question juridique n’est pas seulement technique. Elle engage aussi une vision de l’homme. Question très simple : voulons-nous traiter l’irréversible comme un risque parmi les autres ou reconnaître qu’il appelle une retenue particulière ? Comprenons bien que plus un bien est précieux, plus la marge d’erreur acceptable doit être faible.
Conclusion.
Le droit peut baliser, mais il ne peut pas rendre réversible ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi la raison appelle à la prudence, qui n’est pas de la peur.
Parole pour tenir

Il y a un chemin qui semble droit, mais au terme, ce sont des chemins de mort.
Proverbes 14, 12
Parlons-en !?
Envie d’en parler ? Nos bénévoles sont là pour vous écouter sur le chat’, en toute bienveillance et anonymat :

Pour aller plus loin






