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L’euthanasie une réponse à la souffrance ou à notre impuissance face à elle.

Impuissance face à la souffrance.

La souffrance touche à quelque chose de vraiment profond dans notre humanité. Quand la fragilité vient nous percuter, notre société a vite fait de mesurer la vie à son autonomie, à sa maîtrise ou à son utilité. L’article, que nous vous proposons, souhaite porter un autre regard plus humain, plus fraternel et plus vrai sur la notion de souffrance et l’impuissance que nous avons parfois à la gérer.

La souffrance du malade nous met aussi face à notre propre limite.

Impuissance face à la souffrance : proche seul dans un couloir.

C’est une torture de voir souffrir quelqu’un. C’est éprouvant. Comme on voudrait faire cesser la douleur, comme on voudrait réparer, comme on voudrait reprendre la main. Mais parfois cela devient impossible. Alors l’impuissance pèse lourd. Elle peut même devenir insupportable pour les proches, les soignants et la société tout entière. Posons-nous la question avec franchise : quand nous parlons d’euthanasie, répondons-nous toujours à la souffrance du malade ou cherchons-nous parfois à éteindre notre incapacité que nous avons de supporter cette souffrance ? Le risque existe, celui de croire que l’euthanasie nous redonne la maîtrise de ce qui nous échappe. Reconnaissons que, là où le soin demande d’habiter humblement une situation qu’on ne contrôle pas, l’euthanasie nous illusionne dans la maîtrise de la souffrance.

La compassion n’est pas la suppression.

Vulnérabilité. Le mot est lancé. La vraie compassion ne doit pas la fuir. Elle doit rester présent, soulager autant que possible, quand on ne peut plus guérir. Dans Matthieu 25,36, Jésus dit simplement « J’étais malade et vous m’avez visité ». Voilà ici une phrase discrète et qui change tout. Jésus n’évoque ni la performance ni la toute-puissance et pourtant c’est Dieu lui-même. Jésus ne fait qu’évoquer notre indispensable présence. Si nous confondons la compassion et la suppression, nous risquons alors de glisser vers une logique de secours, voire une logique d’élimination du problème. Je m’inscris en faux contre l’idée que la personne qui souffre soit le problème. En réalité, la difficulté est la douleur, la solitude, la peur, l’abandon. C’est bien cela qu’il faut combattre.

Impuissance face à la souffrance : chaise vide près d’un lit

Accepter notre impuissance peut nous rendre plus humains.

La grandeur morale d’une civilisation est de reconnaître qu’elle ne peut pas tout. Nous pouvons décréter tant de choses, mais nous ne pouvons pas abolir toute la souffrance. En revanche, nous pouvons aimer, soulager, écouter, tenir la main d’un être aimé, adapter les soins, l’entourer. Si nous refusons cette humble tâche au nom d’une efficacité définitive, alors nous aurons échoué. Le fait d’être impuissant ne nous rend pas stérile, il peut nous faire tomber de l’orgueil du contrôle total et ouvrir un espace plus vrai de fraternité. La question de la fin de vie n’oppose pas seulement deux techniques, Elle confronte fondamentalement deux visions du sens de l’humanité, soit celui de vouloir tout maîtriser et tout contrôler, soit d’accepter de servir jusque dans la limite, même dans l’incapacité.

Conclusion

Devant le scandale de la souffrance, la vraie force n’est-elle pas de refuser de vouloir systématiquement trancher ? Notre puissance est de rester là, humblement, pour que personne ne traverse seul ce grand passage.

Impuissance face à la souffrance : petite lampe allumée dans la nuit.
Parole pour tenir

« J’étais malade et vous m’avez visité »

Matthieu 25,36,

Parlons-en !?

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