Il existerait une manière plus douce, plus propre, plus humaine de mourir : le suicide assisté.
En effet, la violence du geste serait « gommée » par l’intervention d’un professionnel de santé.
Mais en mettant en scène la mort « maîtrisée », on ne peut que s’interroger :
la violence d’un acte qui vise à se supprimer soi-même peut-elle vraiment être neutralisée ?
Et que signifie éthiquement de fournir les moyens de mourir sans poser l’acte ?
Définition claire
On définit le suicide assisté comme la situation dans laquelle une personne met fin à sa propre vie, en utilisant un moyen létal qui a été fourni, préparé ou prescrit par un tiers, le plus souvent un professionnel de santé.
A la différence de l’euthanasie active :
- c’est la personne elle-même qui accomplit le geste final,
- mais cette action est rendue possible par une aide extérieure indispensable.
Ce n’est pas une mort accidentelle, mais préparée, encadrée et rendue techniquement possible par autrui.
Enjeux humains
En réalité, la plupart des suicides, lorsqu’il sont préparés seul, sont violents dans leur exécution.
Le corps est brutalement meurtri et cet acte laisse des traces et bouleverse durablement ceux qui restent.
Nous nous leurrons en pensant rendre « propre » une mort confiée dans un cadre médical.
Nous n’effaçons pas la violence mais la déplaçons, en la rendant invisible et socialement acceptable.
Or, la souffrance, la rupture et l’acte demeurent.
Mais cet acte est désormais « entouré » de protocoles avec des paroles rassurantes et des gestes techniques dépersonnalisés.
Interrogeons-nous:
rendons-nous service à la personne, ou rendons-nous la mort plus supportable pour ceux qui regardent ?

Appréciation morale
Préserve-t-on la liberté individuelle avec le suicide assisté ?
Non car nous opérons un glissement subtil de responsabilité.
Si je fournis à une personne les moyens de mourir sans poser l’acte soi-même, je me cache derrière mon petit doigt :
« ce n’est pas moi qui ai tué ».
On se ment à soi-même avec une telle prudence morale.
C’est aussi une forme de lâcheté collective :
nous acceptons la mort en la rendant possible. Cependant, nous refusons d’en porter pleinement le poids.
Au fond, si je consens au suicide assisté, je consens à la violence morale de l’acte,
tout en me donnant l’illusion de ne pas y participer.
Perspective chrétienne
Dans la foi chrétienne, nous ne nions ni la détresse ni la tentation de disparaître.
Mais nous nous opposons à l’idée que la mort « bien accompagnée » serait moins grave qu’une mort violente.
Comprenons que la violence ne réside pas seulement dans le geste, mais aussi dans la décision de renoncer à soutenir la vie jusqu’au bout.
Quand j’aide quelqu’un à mourir, sans que je pose moi-même l’acte, je dis en réalité : « je ne crois plus qu’un chemin est possible pour toi ».
La réponse chrétienne ne cherche pas à moraliser, mais à refuser l’abandon, même quand rester présent coûte.

Citation biblique

« Suis-je le gardien de mon frère ? »
(Genèse 4,9)
Invitation au Chat’
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