Il faut reconnaitre que, quand la souffrance devient extrême, certains traitements ne suffisent plus.
C’est pourquoi, en France, la loi reconnaît un droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès.
Ne tombons pas dans la confusion suivante : s’agit-il d’une euthanasie déguisée ?
Ou d’un soin palliatif ultime, encadré, pour soulager quand il n’y a plus d’autre issue thérapeutique ?
Ici, le sujet se dénoue dans une question décisive : quelle est l’intention ?
Définition claire
On définit la sédation profonde et continue comme une sédation palliative consistant à altérer volontairement la conscience d’une personne, parfois jusqu’à un endormissement profond. L’objectif est de soulager une souffrance réfractaire, lorsque tous les autres traitements ont échoué.
En France, c’est la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 qui encadre ce droit.
L’objectif n’est pas de provoquer la mort, mais de soulager la souffrance jusqu’au décès, quand on sait que celui-ci est proche et inévitable.
Trois éléments sont essentiels :
– d’abord, l’intention première est le soulagement,
– ensuite, la sédation est proportionnée et médicalement justifiée,
– enfin, la mort n’est ni recherchée ni provoquée, même si elle peut survenir naturellement.

Enjeux humains
Demander la sédation profonde ne revient pas à demander la mort.
En effet, cette demande constitue, bien plus souvent, une recherche de répit, de repos, de cessation d’une douleur devenue trop insupportable.
Quant aux proches, ils sont souvent traversés par une peur, celle de « faire dormir pour toujours » ou celle d’un abandon masqué sous un vocabulaire médical.
Pourtant, la sédation palliative n’est pas la fin car elle répond à une autre question :
comment continuer à prendre soin quand guérir n’est plus possible ? Elle est humble car elle reconnaît la limite humaine, sans pour autant renoncer à l’accompagnement.
Appréciation
cependant, des conditions strictes à la sédation profonde et continue sont prévues dans la loi Claeys-Leonetti :
– la personne est atteinte d’une affection grave et incurable,
– son pronostic vital est engagé à court terme,
– elle présente une souffrance réfractaire aux traitements,
– la décision est prise dans un cadre collégial médical,
– la volonté du patient est recherchée ou respectée lorsqu’elle a été exprimée.
Nous comprenons ainsi que ces garde-fous sont essentiels.
Cependant, certaines critiques éthiques ont été formulées.
Elles ne portent pas sur l’intention affichée de soulager la souffrance, mais sur le risque de glissement :
– le flou de certains critères médicaux (incurabilité de la maladie par exemple,
– la possible faiblesse du consentement en cas de détresse,
– la pression exercée implicitement sur les soignants,
– et la banalisation croissante d’une mort en réalité provoquée par la médecine, même sans l’intention euthanasique explicite.
Ces critiques nous incitent à la vigilance constante, afin que la sédation demeure un soin, et non un moyen déguisé de faire mourir.

Perspective chrétienne
La foi chrétienne ne sacralise pas la douleur et rejette le dolorisme.
Personne n’est appelé à endurer l’insupportable.
C’est le premier devoir de la charité que de soulager la souffrance.
Mais cela demeure un mal ultime si la recherche de la mort devient un moyen.
La sédation profonde est moralement recevable lorsqu’elle respecte cette frontière :
soulager sans tuer,
accompagner sans supprimer.
La dignité de la personne demeure entière, même lorsque sa conscience s’efface.
Nous ne réduisons pas la personne à sa douleur, ni à son corps défaillant.
Elle reste quelqu’un à aimer, jusqu’au bout.
Une parole pour tenir

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »
(Matthieu 11,28)
Parlons-en
Si la sédation profonde t’interroge, si tu redoutes une confusion entre soin palliatif et euthanasie, tu peux en parler.
Nos bénévoles sont là pour vous écouter sur le chat’, en toute bienveillance et anonymat :







