Comme beaucoup, je suis l’actualité et le projet de loi sur la fin de vie. Et une question me traverse l’esprit : « Jusqu’où l’État peut-il décider de ce qui fait la dignité d’une existence ? ». Réguler la mort, est-ce protéger la liberté, ou la confisquer ?
Quand la loi veut encadrer l’indicible

En effet, qui a le droit moral de codifier la mort ? Seulement, l’État veut la gérer comme un service : propre, réglé, dédramatisé. Comme si légiférer sur la douleur suffisait à ce qu’elle devienne acceptable. Mais la douleur, elle, ne se légifère pas.
Un État qui veut tout régler
Je me demande : à force de vouloir tout maîtriser, l’État n’oublie-t-il pas l’essentiel ?
La loi voudrait soulager. Ainsi, elle trace une ligne invisible : d’un côté, les vies “dignes”, de l’autre, les vies “inutiles”. Et ce glissement me trouble : car lorsque la mort s’érige en droit, la vie risque de n’être plus qu’une possibilité parmi d’autres.
Le pouvoir de dire qui mérite de vivre
Peut-être que cette volonté d’encadrer vient d’une peur : celle de ne plus savoir accompagner. L’État légifère quand il ne sait plus soigner.
Mais la tendresse, la présence et la compassion ne s’imposent pas par décret — elles ne naissent que dans le don libre et sincère. Elles s’apprennent, une main après l’autre, dans le secret des chambres et non dans les décrets.

Retrouver la conscience du vivant
Pourtant, tout n’est pas perdu. Nous pouvons encore rendre à la conscience sa juste place. Car la dignité ne se vote pas : elle se reconnaît. Chaque être garde, jusqu’au bout, un éclat de vie que personne ne peut lui retirer.
Parole pour tenir

« Tu ne mettras pas à mort l’innocent ni le juste. »
(Exode 23, 7)
Parlons-en !?
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Pour aller plus loin :
- La Loi Naturelle
- Angèle Lieby : « tant qu’on n’est pas mort, on est vivant ! »
- Soigner n’est pas tuer
- Claire Fourcade, docteur en soins palliatifs : l’aide à mourir, c’est quoi ?






