main fragile accompagnée avec douceur — euthanasie et handicap
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La souffrance psychique justifie-t-elle l’euthanasie ?

La souffrance psychique, au cœur du débat sur la souffrance psychique et l’euthanasie, ébranle tout : la conscience, le corps, la volonté. Elle plonge dans une nuit qui semble définitive. Mais peut-on décider de mourir en pleine tempête intérieure ?

Quand la douleur traverse l’esprit… et le corps

Personne assise en souffrance psychique, main tendue vers elle en soutien, style cubiste. Prompt

La souffrance psychique ne se limite pas seulement à “la tête”.
Elle envahit, serre la poitrine, tire sur les muscles, crée des douleurs diffuses.

La fibromyalgie en est un exemple : des douleurs chroniques, de la fatigue intense, des troubles anxieux ou dépressifs. Source : INSERM, 2023.
Elle témoigne bien qu’un esprit blessé peut produire une douleur physique réelle.

Et c’est une souffrance massive, tout sauf marginale.
En France, chaque année, près de 13 millions de personnes vivent un trouble psychique (Santé publique France, 2022).
Ce sont 53 % des Français qui disent avoir été blessés par une souffrance psychique au cours des 12 derniers mois (Fondation Ramsay, 2023).

Si les pouvoirs publics retenaient la souffrance psychique comme motif d’euthanasie, ce seraient des millions de personnes qui seraient touchées.
C’est un vertige moral.

En crise, la volonté se trouble

L’un des symptômes de la souffrance psychique est qu‘elle altère la lucidité.
Je le sais : je souffre moi-même depuis plus de cinq ans et dans les moments d’abattement, ma volonté se déforme. On ne choisit plus : on subit les affres de la maladie
Le désir de mourir devient parfois un signe avant-coureur d’une phase sombre, pas une décision libre.

Plusieurs guides médicaux considèrent que la crise suicidaire est une urgence à protéger et non un choix à valider (HAS — Conduites suicidaires, 2022).

Et pourtant dans cette pénombre, quelque chose peut bouger. Des traitements efficaces existent : les antidépresseurs, les psychothérapies, les accompagnements combinés.
Bien dosés, ils m’ont sauvé. Ce qui semblait définitif ne l’était pas.

Parfois on stabilise la maladie, plus souvent on en guérit. Quelque chose reste toujours possible.

Protéger la personne, protéger la maison

Quand une personne est atteinte psychiquement, c’est la maladie qui s’invite dans la maison. Elle bouleverse les proches. Ajouter une euthanasie au moment de grande vulnérabilité serait un ravage supplémentaire : la culpabilité, la fracture, le silence.

Et puis, humblement, la vérité fait jour : la douleur psychique mue. Elle n’est jamais totalement figée. Elle peut se défaire, en changeant et se laisser apprivoiser.

Péguy écrivait que l’espérance est la plus petite des vertus, la plus fragile… et la plus décisive.

Accompagnons la souffrance psychique de notre protection, de notre soin et de notre patience. Surtout, n’éteignons pas la flamme de la personne qui souffre.

Figure cubiste solitaire dans une pièce sombre, symbole d’une petite espérance fragile.

 Parole pour tenir

« Le roseau froissé, il ne le brisera pas. » (Is 42,3)

Parlons-en !?

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