La demande à mourir de certaines personnes vient non d’un rejet de la vie mais d’une difficulté à la porter.
D’aucuns présentent alors l’euthanasie active volontaire comme un choix libre, parfois même comme un acte de dignité.
Mais à quoi correspond réellement cet acte ? Et que révèle-t-il de notre rapport à la souffrance, à la liberté et à la dignité humaine ?
Définition claire
On définit l’euthanasie active volontaire comme l’acte par lequel un tiers provoque intentionnellement la mort d’une personne, à la demande explicite et répétée de celle-ci, dans le but de mettre fin à une souffrance jugée insupportable.
Pour caractériser cet acte, 3 éléments sont déterminants :
– d’une part, une demande formulée par la personne elle-même,
– d’autre part, une intervention active (substance létale, geste médical),
– enfin, une intention directe de donner la mort.
Comprenons bien qu’il ne s’agit ni d’un arrêt de traitement, ni d’une sédation profonde, ni d’un effet secondaire non recherché.
Ici, nous n’acceptons pas a priori le risque de la mort : elle est le moyen choisi.
Enjeux humains
Une personne, qui demande une euthanasie, désire rarement de façon abstraite de mourir.
C’est surtout une expérience humaine concrète car j’ai peur :
– de souffrir davantage,
–de perdre toute maîtrise,
–d’être réduit à un corps douloureux,
–d’imposer parfois ma déchéance aux autres.
Une telle demande de mort est, le plus souvent, une parole de détresse, un cri adressé à ceux qui entourent.
Elle dit : « Je n’y arrive plus. »
Au fond, c’est une question essentielle et décisive qui demeure :
sommes-nous réellement libres quand notre volonté s’exprime sous la contrainte de la souffrance ?

Appréciation morale
Soyons convaincus que l’euthanasie active volontaire opère un basculement profond.
Car, elle transforme la mort en réponse à la souffrance.
Même demandée, elle engage :
– d’une part, la responsabilité de celui qui donne la mort,
– d’autre part, la société qui autorise cet acte,
– et enfin, une nouvelle norme implicite :
quand la souffrance devient trop lourde, la mort devient une solution.
Ainsi, nous changeons le sens de la compassion. Celle-ci consiste à soutenir une personne dans l’épreuve.
Au contraire nous voulons mettre fin à sa vie pour faire disparaître la douleur.
Perspective chrétienne
La souffrance est-elle indigne ?
Notre culture contemporaine ne dit pas seulement : « la vie doit rester autonome ».
Elle affirme de plus en plus : « souffrir ainsi est indigne ».
La question est donc changée :
devenons-nous indignes parce que nous souffrons ?
La foi chrétienne répond clairement : non.
La souffrance n’est ni un bien, ni un idéal, ni une valeur en soi. Elle réfute même le dolorisme.
Comprenons bien que la douleur doit être soulagée, combattue, accompagnée.
Mais, en aucun cas, elle n’ôte la dignité de la personne.
Même dans la fragilité extrême, la personne mérite d’être aimée et reconnue comme personne : c’est ainsi qu’on définit la dignité humaine et non sur l’absence de douleur.
Nous ne sacralisons pas la souffrance en refusant l’euthanasie active volontaire.
Nous excluons que la souffrance devienne un critère de suppression de la vie.

Citation biblique

« Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime. »
(Isaïe 43,4)
Invitation au Chat’
Si ces questions te traversent, si la souffrance te fait douter de ta propre dignité, ou si un proche t’a confié une demande de mort, tu n’as pas à rester seul. Nos bénévoles sont là pour vous écouter sur le chat’, en toute bienveillance et anonymat :







