On a de quoi se sentir un peu perdu face aux questions de fin de vie.
Avouons que les situations sont complexes, que les mots se brouillent et que les émotions nous submergent.
Pourtant, il nous faut discerner car ce n’est ni un luxe ni une option.
C’est une nécessité humaine, morale et spirituelle.
Nous vous proposons une synthèse avec une grille chrétienne de lecture pour éclairer vos décisions, sans chercher à simplifier le réel ni à trahir la vie.
Définition claire
Le discernement ne consiste pas à appliquer mécaniquement une règle, encore moins suivre uniquement son émotion ou la pression du moment.
Discerner a pour but de chercher ce qui est juste, dans une situation concrète,
en respectant de façon unie :
– les faits médicaux,
– l’intention morale,
– la dignité de la personne,
– et le respect de la vie jusqu’à sa fin naturelle.
Cette grille chrétienne de lecture ne vous apportera pas de réponses toutes faites mais des repères stables pour ne pas se perdre.
Enjeux humains
La fin de vie nous expose tous à nos propres limites : la peur de souffrir, la peur de mal faire et la peur de laisser partir.
En tant que proches, nous pouvons être tiraillés entre l’amour et l’impuissance.
Quant à eux, les soignants sont bousculés entre la compassion et la responsabilité. De son côté, la personne malade ne sait plus que faire entre le désir de repos et le besoin d’être reconnue.
En l’absence de repères, le risque est double :
– soit nous nous acharnons inutilement,
– soit nous glissons vers des solutions qui suppriment la personne plutôt que la souffrance.
Discerner consiste à refuser ces deux impasses.

Appréciation
À la lumière de tout le dossier, plusieurs critères de discernement apparaissent clairement :
- L’intention : cherche-t-on vraiment à soulager ou seulement à provoquer la mort ?
- Le moyen : la mort est-elle utilisée comme un moyen ?
- La proportion : l’acte est-il ajusté à la situation réelle ?
- La volonté : la parole exprimée est-elle vraiment libre, éclairée et stable ?
- La protection du fragile : renforce-t-on le plus vulnérable ou l’affaiblissons-nous ?
Cette grille permet de distinguer :
– les soins palliatifs et l’euthanasie,
– la sédation et la mise à mort,
– l’arrêt de traitements et l’abandon,
– l’accompagnement et le renoncement moral.
Soyons lucides aussi car elle ne supprime pas la douleur du choix, mais elle empêche de falsifier notre conscience.
Perspective chrétienne
A la lumière de la foi chrétienne, nous posons un regard exigeant et profondément humain.
L’Église rappelle que :
– la dignité humaine est intrinsèque à sa nature, (ce qui veut dire que l’être humain a une place à part, à cause de sa raison et de sa conscience, et aussi parce qu’il est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu)
– la souffrance appelle toujours le soulagement mais jamais l’élimination de la personne,
– la vie est un don à accueillir et à accompagner et en aucun cas un objet à gérer.
Quand nous discernons, nous choisissons la fidélité à la vie, même si celle-ci est fragile, dépendante, silencieuse.
Ce discernement n’a pas pour objet de juger les personnes mais d’éclairer les actes.

Une parole qui éclaire

« Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu. »
(Jacques 1,5)
Besoin d’en parler ?
Si tu te sens perdu face à une décision de fin de vie, si tu hésites entre plusieurs chemins possibles, tu n’as pas à discerner seul.
Le Chat’ de SOS Euthanasie est là pour écouter, éclairer et accompagner, pas à pas.







