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A-t-on délégué la mort ? Une question posée sur France Culture

Dans une émission sur France Culture, la réalisatrice Valérie Denesle raconte comment elle a entouré sa sœur jusqu’au bout, épaulée par des soignants à domicile. De cette expérience intime, elle tire une question qui bouscule : avons-nous fini par confier la mort aux seuls experts, au point d’oublier ce qu’est réellement une agonie ? Ce changement de perspective transforme totalement notre vision de la fin de vie.

Regardez l’émission

https://www.instagram.com/reel/DUVWKsOinwc/?igsh=ZXk3bm8wdWdlaHI3

Une mort devenue invisible

Notre société a peu à peu repoussé la mort hors de la vue de tous. Elle se cache désormais à l’hôpital, organisée et médicalisée. Résultat : nous ne savons plus ce qu’est un dernier souffle, un corps qui s’éteint ou un visage qui s’apaise. Ce manque de repères nourrit nos angoisses. Quand on ignore une réalité, on l’imagine toujours plus violente qu’elle ne l’est. L’agonie est devenue un mot qui fait peur, alors qu’elle peut aussi être un temps de présence, de calme et de silence partagé.

L’importance de tenir la main

Le témoignage de Valérie Denesle souligne une perte silencieuse : celle du geste simple de « tenir la main ». Accompagner, veiller, rester présent. La fin de vie n’est pas qu’une affaire de médecins, c’est avant tout une rencontre humaine. Si les soignants sont indispensables, ils ne remplacent jamais la place des proches. Quand nous fuyons ce moment, c’est notre humanité que nous fragilisons. Être là ne supprime pas le mal, mais cela change radicalement l’expérience de celui qui part.

Deux mains qui se tiennent symbolisant la présence en fin de vie

Derrière les débats, la peur

Le débat public se divise souvent en deux camps : la liberté de choisir l’heure de sa mort contre une vision parfois rigide du soin. Pourtant, la réalité est ailleurs. Derrière de nombreux appels à l’aide à mourir, on trouve surtout une immense peur : celle de souffrir, d’être seul ou de perdre pied. La véritable question n’est alors plus d’écourter la vie le plus vite possible, mais de savoir comment mieux nous épauler les uns les autres.

Parole pour tenir

« Heureux les artisans de paix. »

(Matthieu 5,9)

Ne pas rester seul avec cette question

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« Tant qu’on n’est pas mort, on est vivant ! »

Extraits (1er chapitre) : Tout est noir. Je suis dans le noir. Un noir total, sans la moindre nuance, sans la moindre lueur. Un noir terrifiant ou rassurant, je ne sais. C'est le même que celui de mon enfance, lorsque je m'enfermais dans un placard pour me sentir en sécurité en même temps qu’effrayée… J'ai beau regarder de toutes mes forces, je ne vois rien. Rien que ce noir profond. Ai-je les yeux ouverts ou fermés ? Je l'ignore. Que s'est-il passé ? Je ignore également. Je sais simplement que je ne suis pas seule : entends quelqu’un à côté de moi. Il a une respiration rapide, comme un chien après l'effort. Est-ce un homme ? Un animal ? Mais surtout, je me sens oppressée. Je ressens une pression si forte sur ma poitrine que je dois résister pour respirer. Alors, je gonfle ma cage thoracique, et je produis un effort si grand que j'entends mes côtes craquer… Je m’arrête, effrayée. Mais ce poids me comprime, et je ne peux quand même pas me laisser écraser…