Le lien entre écologie et fin de vie semble aujourd’hui distendu, presque invisible. Pourtant, dans la pensée chrétienne, l’écologie intégrale ne se limite pas à la gestion délicate et respectueuse des ressources confiées à l’homme ; elle est une manière de recevoir l’homme lui-même comme une partie de la création à servir et non à exploiter. Avant d’interroger la loi, il nous faut comprendre ce que recouvre vraiment cette responsabilité de gardiens.
Cet article fait partie du dossier “Écologie intégrale et euthanasie”.
Recevoir la création comme un don permanent

La création n’est pas un acte achevé, un vestige du passé que Dieu aurait abandonné à notre seule ingéniosité. Elle est un acte continu : le monde n’existe que parce qu’il est maintenu dans l’être, ici et maintenant, par la volonté de Dieu. L’homme n’est donc pas le propriétaire absolu d’un stock de matière neutre, mais le gardien d’un don qui se renouvelle à chaque souffle. Le jardin d’Éden n’est pas une propriété privée, mais un lieu de service et de tutorat.
La soumission : une responsabilité, non une domination
La soumission à la Création dont parle la Bible dans la Genèse, est l’apanage de celui qui a la maîtrise. Et donc, de ce fait, devient pleinement responsable de ce qu’il administre. Exercer cette maîtrise, c’est accepter de rendre des comptes sur la soumission que l’on exerce. On ne domine pas la vie, on en répond devant le Créateur. L’écologie intégrale commence au moment précis où l’homme renonce à sa toute-puissance pour redevenir un serviteur qui devra justifier de chaque vie confiée à sa garde.
Tout est lié : du paysage au visage
Dès lors, on ne peut plus protéger la nature en méprisant l’homme fragile. La crise environnementale et la crise du soin procèdent d’une même racine : le refus de la limite. Une société qui rejette la dépendance physique finit inévitablement par rejeter toutes les formes de vie qui ralentissent la production. La définition même de la « maison commune » doit intégrer pleinement l’homme vulnérable. Cette vision globale nous amène logiquement à interroger le regard que notre époque porte sur cette vulnérabilité, non plus comme un mystère, mais comme un obstacle.

Parole pour tenir

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. » (Genèse 2, 15).
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Pour aller plus loin
- Dossier : l’écologie intégrale ou le naufrage de la présence
- 2. Le basculement – Quand une société traite la fragilité comme un coût
- 3. L’épreuve de vérité – La vie fragile fait-elle partie de la maison commune ?
- Quand la société valorise l’autonomie, que devient la dépendance ?






